Argentine 1 – FMI 0
C’est peut-être parce qu’en fond sonore j’ai le match River – Boca (le match “superclassique” du championnat argentin), mais je n’ai pas pu m’empêcher de voir la nouvelle en score
Hier, la présidente a annoncé que le club de Paris avait accepté de négocier sa dette avec l’Argentine sans intervention du FMI. (annonce officielle en espagnol)
Un peu de contexte pour comprendre l’importance de cette décision… Raisonnable jusqu’aux années 70 (estimée à 7.800 millions de dollars en 1975), la dette a augmenté vertigineusement pendant la dictature pour atteindre 43.600 millions en 1983, soit près de 6 fois plus ! Cette dette illégitime a qui plus est financé très largement des entreprises qui se sont enrichies, notamment lorsque le gouvernement de facto a accepté de reprendre toute la dette privée étrangère existante (!!).
Au retour de la démocratie, la dette et ses intérêts vont peser lourd sur le développement économique : l’endettement sert de plus en plus à payer les intérêts de la dette. Pendant la grande décennie libérale des années 90, la dette connaît une nouvelle augmentation galopante, pour maintenir un système de change de 1 peso = 1 dollar peu adapté à la réalité économique. En 2001, lorsque la crise éclate, elle atteint 153.000 millions de dollars, soit 151 % du PIB. Le pays, incapable de payer et avec des réserves presque nulles, se déclare en cessation de paiement : c’est le default (cessation de paiement). L’état argentin est en faillite. Un default dont il n’est pas encore sorti aujourd’hui, ce qui lui interdit d’obtenir des prêts internationaux, sauf à des taux usuraires.
En 2003-2004, avec l’aide du ministre de l’Économie, Roberto Lavagna, le président Kirchner négocie auprès des organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale, etc.) de nouvelles conditions de paiement de la dette, plus raisonnables. Environ 80.000 millions de dollars, aux mains de créanciers privés, sont encore en default. Début 2005, ils renégocient une baisse de 75 % du montant de la dette grâce à un échange qui donne aux créanciers des bons du Trésor (plus sûrs) en échange de leurs créances en default. Une opération similaire sera menée en 2010. La dette au FMI a été entièrement soldée par un paiement cash – ce qui a permis de mettre fin à des années d’ingérence des soi-disant experts du FMI et de leurs traditionnelles recettes d’économie, dont plusieurs pays d’Europe font actuellement les frais (baisses de salaires des fonctionnaires, baisse des prestations sociales, privatisation, etc.). Je reviendrai prochainement sur les effets de cette politique sur l’économie argentine dans les années 90.
Aujourd’hui, la dette représente environ 50 % du PIB argentin — soit un pourcentage moindre que celui des Etats-Unis (92 %),
de la Grèce (133 %) et de la zone euro en général (84 %). Cette année, les échéances ont pu être payées grâce aux réserves de devises de la Banque Centrale (réserves liées à la forte entrée de dollars conséquence du bon niveau d’exportation), laissant ainsi les mains libres à l’Etat pour dépenser de façon plus productive son argent. L’Etat argentin contracte actuellement très peu de dettes, et la plupart auprès d’organismes nationaux (Banque centrale, etc.).
Avec tout ça, il reste donc en default 7% de la dette de 2001, dont les prêteurs sont le Club de Paris, un groupe de créanciers publics de pays développés. Pourquoi cette dette n’était-elle pas renégociée, comme les autres ? Parce que le règlement du Club de Paris impose la médiation du FMI pour les renégociations. Médiation que le gouvernement argentin, pour des raisons évidentes a toujours refusé. Jusqu’à ce qu’hier, suite à de longs pourparlers, le Club de Paris accepte les conditions argentines… Il semble clair que tant que Cristina Kirchner sera au pouvoir, le FMI ne remettra pas son nez dans les comptes publics argentins.
Un point pour l’Argentine.




[...] argentine. Un peso valait un dollar, et pour maintenir cette convertibilité, l’Etat s’endettait chaque jour un peu plus. S’ajoutait à cela un taux de chômage aux alentours de 20-25% et une paupérisation [...]
20 décembre 2001 – 2010 « Hélène la tête en bas a dit ceci le Lundi 20 décembre 2010 à 21:12 |
[...] de ces vautours qui lui tournent autour. A plusieurs reprises, le gouvernement a proposé un échange : de cette dette en default contre de nouveaux titres plus sûrs. Effectivement, cela impliquait aussi une réduction de la [...]
Les « fonds vautours ou fondos buitres « Hélène la tête en bas a dit ceci le Dimanche 27 février 2011 à 22:10 |