La nouvelle maison…

•Mardi 4 août 2009 • Laisser un commentaire

Le bureau

Enfin en ligne, les longtemps promises photos de l’appartement… Pour en voir plus, suivre le lien suivant : photos. Et quelques vues du balcon en bonus… En cliquant ici.

A part ça, l’hiver est rude à Buenos Aires avec des températures clairement bien plus fraîches que l’année dernière… On a même eu des espoirs de neige (il a neigé une fois sur les 80 dernières années, en 2007) mais malheureusement elle est arrivée à nous toute fondue. Mais les températures sont bien négatives la nuit, et ne décollent pas de 4-5° certains jours. Même si, grande différence avec l’hiver français, certains jours le soleil tape et il fait 15 ou 16°… Ouf.

Pour rassurer les foules suite à quelques commentaires reçus récemment, en effet, l’Argentine est atteinte par la grippe A, et a d’autant plus de cas qu’ici, comme je viens de le dire, c’est l’hiver. On a connu une grosse paranoïa il y a maintenant un mois (fermeture des théâtres, de quelques cinés, de divers lieux publics et mise en vacances anticipée des élèves et étudiants) mais maintenant, l’épidémie est censée être maîtrisée, les enfants sont revenus aux salles de classe et les lieux publics rouvrent. On continue à observer des précautions d’hygiène, mais le plus dur est passé. On a eu des moments assez drôles, en tous cas a posteriori, où éternuer dans le métro assurait une bonne quantité de regards noirs.

Un soir de brume...

Je dois dire que de mon côté, je n’ai jamais été vraiment convaincue du réel danger que représente cette épidémie, il me semble que les médias, ici comme ailleurs, font beaucoup de battage pour une maladie qui ne semble pas tellement plus grave qu’une grippe saisonnière. En tous cas, quand on voit que la France a acheté 80 millions de vaccins (il me semblait pourtant que la population était de 63 millions… elle a dû beaucoup augmenté depuis le dernier recensement), pour une somme en euros que j’ai préféré oublier immédiatement, on comprend bien qui y gagne et qui a intérêt à qu’on paranoïse : nos chers amis les labos. Bref, passons sur ce sujet.

Et avec tout ça, le mois d’août est arrivé et il ne reste déjà que 3 semaines avant mon départ pour la France, pour passer presque tout le mois de septembre entre famille et amis, avec un certain nombre de fiestas en perspective pour cause d’anniversaires à répétition chez les De Jaham en cette saison.

La prochaine fois, je vous raconte mes vacances dans une cabane en bois à Tandil (sud de Buenos Aires) avec quelques belles photos de campo argentino en perspective.

Un dimanche pluvieux…

•Dimanche 5 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Ayant consacré mon dernier post aux élections argentines, en voici maintenant un autre avec quelques nouvelles fraîches, et même très fraîches puisque l’après-midi est nuageuse et pluvieuse, on a même échappé de peu à la pluie de grêlons. Hier il faisait 20°, un soleil magnifique et on a passé une partie de l’après-midi à glandouiller vautrés dans l’herbe, aujourd’hui il fait froid et moche, des variations de temps qui ne lassent pas de me surprendre.

Côté appartement, on commence à être bien installés, même si je suis un peu nulle vu que je n’ai toujours pas pris les photos et ce n’est pas avec la lumière qu’il y a maintenant que je vais pouvoir le faire. Compania Cultura NaciónLes pièces sont peintes, un mur par pièce de couleurs vives, on a Internet, avec le wifi, des jolies lampes dans toutes les pièces, le chauffage partout également, on a même une poële depuis 2 semaines, et des plantes vertes qui n’ont pas encore succombé à mes soins attentifs, autant dire que c’est la fête. La crémaillère est pendue, la cohabitation s’organise, je commence même à retrouver une certaine santé financière : tout va bien de ce côté.

Un mois de juin fort chargé côté boulot, avec pas mal d’heures sup, et également côté photo. J’ai d’abord fait des photos pour des amis d’amis pour lesquels j’avais déjà travaillé l’an dernier et qui sont devenus entre temps une compagnie nationale, photos que j’ai même pu leur vendre ! Grand évènement… Je suis très contente de pouvoir bosseer avec eux, car en plus d’avoir beaucoup de talent, ils sont également très sympa et toujours très pros (lien pour en voir plus).

Ensuite, je me suis également fait embarquer dans un projet de comédie musicale, « El Conejo de la Felicidad » (le lapin du bonheur), un curieux mélange de glamour, ironie, futurisme trash… La collaboration a dans ce cas été beaucoup moins pacifique, car ces jeunes gens sont fort peu organisés et nous avons eu des maux à plusieurs occasions car ils m’ont fait venir pour rien, ont publié mes photos sans nom de l’auteur, ou m’ont harcelé de mails pour me demander des retouches farfelues du type : tu pourrais lui enlever le maquillage sur cette photo stp ? El Conejo de la Felicidad - plus de photos en cliquant sur l'image

Je me suis également retrouvée à l’insu de mon plein gré à faire les photos des « celebrités » invitées à la fonction VIP, une confirmation que je ne suis pas faite pour la photo de presse et surtout pas de presse people au cas où j’aurai eu des doutes. Dieu merci, pour le coup ils ont eu l’amabilité de ne pas mettre mon nom sur les photos lol ! Quelques photos ici (de la pièce, pas des VIP !). Heureusement il semblerait que ma partie soit terminée…

Au-delà de ces aventures plus ou moins folkloriques, je suis bien contente de pouvoir continuer à suivre photographiquement quelques projets en danse, malgré le départ de mon ami chorégraphe, qui après différents projets entre la Suisse et l’Allemagne, a été embauché dans un ballet à Coburg et y sera donc pour toute la prochaine saison, à partir de septembre.

Je continue également mon projet sur Buenos Aires, je suis sur le point de terminer en tous cas pour l’instant sa première partie et présenterai quelques échantillons dès le prochain post.

Encore une victoire du libéralisme…

•Vendredi 3 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Une fois n’est pas coutume, je consacrerais ce post à la vie politique argentine en ces temps d’élections. Dimanche dernier (28 juin), le pays votait pour des législatives partielles – ici le Congrès se renouvelle par moitié et le Sénat par tiers tous les 2 ans. Comme vous le savez peut-être, Cristina Kirchner est présidente depuis 2007, et a succédé à son mari, Nestor, qui a été au pouvoir de 2003 à 2007, années cruciales s’il en fut puisqu’il s’agissait de sortir le pays de la crise économique, de la faillite de l’Etat, d’un chômage à 25 ou 30%, des régulières émeutes dits « piquetes » des plus défavorisés qui réclamaient du travail, ou simplement de quoi survivre. J’insiste d’ailleurs car j’ai lu pas mal de c… je veux dire d’inexactitudes notamment dans la presse française sur ce sujet : Nestor pouvait tout à fait se représenter, et n’a pas mis sa femme pour décorer : elle était sénateur depuis des années, et militante autant que lui.

Je ne vais pas refaire l’histoire complète de l’Argentine au XXe siècle, et ne me risquerait certainement pas à essayer d’expliquer ce qu’est, par exemple, le péronisme, courant fondamental pour la politique argentine mais extrêmement difficile à comprendre pour nous car il ne correspond pas à nos traditionnels clivages de droite / gauche. En effet, à son époque Peron avait réussi à réunir une très large partie du spectre politique (gauche et droite confondues) autour d’un programme de développement de l’industrie, de promotion des droits sociaux et d’indépendance vis-à-vis de l’étranger, notamment de l’Angleterre qui se comportait quasiment en puissance coloniale.

Toujours est-il que les Kirchner se définissent aujourd’hui comme péronistes… De même qu’une grande partie de leurs adversaires, ce qui, même après un an et demi à essayer de comprendre me laisse toujours perplexe. Cela dit, il ne faut pas se fier à cette ressemblance de nom : il y a d’énormes différences idéologiques. Quel était donc l’enjeu de ces élections ? En 2007, Cristina a été élue avec une large majorité au Congrès (dont se renouvellait la moitié aussi). Mais depuis, sa popularité a énormément souffert en particulier de la fameuse « crisis del campo » que j’ai évoquée l’année dernière. Pour rappel, le gouvernement a voulu mettre en place des taxes à l’exportation variables en fonction des prix internationaux sur le soja, mesure qui a provoqué un énorme tollé des producteurs agricoles. Routes coupées, menaces de ne plus vendre la production aux grandes villes (à certains moments mises à exécution), meetings et contre-meetings : après plusieurs mois de crise, la loi arrive au Sénat, égalité des votes, décide le vice-président… Qui contre toutes attentes a abandonné en live le gouvernement, et fait maintenant partie de l’opposition, tout en restant au gouvernement. Bref. Depuis longtemps, les médias et notamment le groupe Clarin, N°1 du pays, qui possède journaux, chaînes de TV et câble, radios sont également contre les « K » comme on dit ici.

Il était donc très probable dans ce contexte que le gouvernement et ses défenseurs perdent des sièges au Congrès. Ce qu’on ne savait pas, c’est que ça allait être aussi radical : ils ont en effet perdu la majorité dans les 2 chambres, même s’ils restent la première minorité et ne sont pas arrivés premiers dans de nombreuses provinces traditionnellement en leur faveur, notamment la province de Buenos Aires (30% de la population : la région de Bs As, sauf la ville en elle-même qui est une autre province). En soi, le gouvernement a la Kirchner a ses côtés énervants : un peu d’arrogance, sans doute pas assez de dialogue avec les autres forces politiques, et il est évidemment qu’il y a encore énormément à faire en Argentine en termes de lutte contre la pauvreté, la corruption, la redistribution des ressources etc.

Alors, pourquoi mon titre ? Parce que, d’une part, les électeurs ont parfois des trous de mémoire qui frisent à l’ingratitude : et le chemin parcouru depuis 2003 ? Et tous les droits sociaux acquis ? Et toutes les dettes internationales réglées ? Et les réserves en dollar d’un Etat qui n’avait plus de quoi payer ses fonctionnaires ? Et la récente nationalisation pour la sauver d’Aerolineas Argentinas, détenue par Marsans, entreprise espagnole qui l’a menée à la faillite en n’invertissant pas un peso depuis des années ? On pourrait continuer longtemps.
Et surtout, parce que, d’autre part, l’alternative politique est franchement angoissante. La soi-disant « opposition » est en fait un nid de crabes où se mêlent radicaux, péronistes de droite, droite derrière le gouverneur de la ville de Buenos Aires, Macri, et transfuges du parti de Kirchner. Le problème, c’est qu’une grosse majorité d’entre eux n’hésite déjà plus à exprimer sa nostalgie des années 90, du libéralisme, des privatisations, de cette bonne époque où la politique ultra-libérale argentine était décidée par le FMI. On a même entendu s’assumer des partisans de Menem, président pendant 8 ans dans les années 80-90 qui a dilapidé le patrimoine de l’Etat, privatisé à vil prix les entreprises étatiques en bradant à ses amis et partisans, détruit l’industrie nationale en maintenant un taux de change artificiel et défavorable, réduit à néant le réseau ferroviaire et mené à la crise de 2001.

Trou de mémoire… Ce qui a moi, dans tout ça, m’échappe, c’est que dans les années 80, on pouvait croire au libéralisme extrême, à l’absence d’intervention de l’Etat. Mais aujourd’hui, et surtout en Argentine ? Il y a à peine 8 ans, les classes populaires étaient sans travail et sans ressources, les classes moyennes perdaient toutes leurs économies suite à la faillite du système bancaires, les commerces étaient mis à sacs, et la police réprimait violemment les manifestations, avec blessés et même morts. Aujourd’hui que le pays se relève, et résiste comme il peut à la crise financière internationale, il faudrait donc en revenir là ?

Pour l’instant, le nouveau Congrès ne prend ses fonctions qu’en décembre, et Cristina reste au pouvoir jusqu’en 2011. Les prochains mois seront sans doute décisifs pour savoir d’une part, si le gouvernement pourra passer certaines mesures avant (il a notamment dans ses cartons une loi de modernisation des médias, la loi en vigueur actuellement datant de l’époque de la dictature), et ensuite si le pays sera gouvernable dans les deux prochaines années avec ce Congrès bloqué. En attendant, pour une bonne partie de mon entourage, lundi avait un drôle de goût amer.

Installée pour de bon

•Jeudi 14 mai 2009 • Un commentaire

Il est 19h, il fait nuit noire et devant moi, apparaissent les lumières de la ville derrière le rideau de pluie. C’est l’automne à Buenos Aires, on a cru que l’été ne finirait jamais, à coup de retour de 25° et de douces nuits inattendues (et celle-là, on en profite, c’est peut-être la dernière… depuis février). Il fait froid, il pleut, on dirait Paris. La seule différence, c’est que cela ne durera pas tout l’hiver !

Je me demande où sont passés ces deux derniers mois, et comment le temps a pu passer si vite depuis mon retour de France. Evidemment, le grand événement ça a été le déménagement, à deux dans un studio sans lumière du jour d’abord, la recherche d’appart intensive avec une motivation renouvellée par chaque jour dans le fameux studio sans lumière affectueusement surnommé « la cueva » (la grotte) parce qu’il faut toujours mieux en rire qu’en pleurer.

Chercher un appart à Buenos Aires, ça commence par le journal, le Clarin et ses petites annonces du week-end. Et là, il faut apprendre à déchiffrer des messages codés du style : « 3amb ampl t/luz a/p s/exp lav bc v15-18″ – visiblement ils doivent payer par lettre, et ça doit être cher. La traduction du précédent : 3 pièces, grand, lumineux, apte à l’usage professionnel, faibles charges, avec balcon et lavadero. Et après, c’est passer les week-ends à courir d’un bout à l’autre du quartier et à voir des appartements les plus divers, des plus horribles au plus impressionnants (généralement trop chers). Un parcours du combattant qui nous a finalement menés, au dernier moment – comment faire autrement ? – à un nouveau hogar où on a emménagé le week-end dernier, heureusement sans blessés ni parmi les déménageurs ni parmi les meubles.Balcon et vue du Congreso

Il fait 3 pièces, j’ai donc mon bureau pour travailler tranquille, qui pourra devenir une chambre d’amis si l’occasion se présente, il est en plein centre, juste derrière le Congreso, et il a surtout un balcon de ouf (je pèse mes mots) avec une vue sublime et ouverte sur l’Avenida de Mayo, depuis son 12e étage.
Un petit aperçu : Vue du balcon et des fenêtres

Bientôt suivront des photos de l’intérieur, quand on aura peint et qu’il n’y aura plus de cartons partout. Il reste quelques « petits » détails à régler, le fait que les radiateurs ne marchent pas est assez bien placé dans la liste surtout depuis qu’il fait 10°, il manque aussi quelques meubles, mais las cosas se van dando et d’ici à quelques semaines il sera superbe, c’est sûr.

Dans la frénésie de la recherche, j’ai presque oublié de me rendre compte que j’avais passé la fameuse « grande étape », comme ce n’était absolument pas prévu il y a 3 mois, et finalement, c’est sans doute mieux que ça se soit fait de façon naturelle et sans trop y réflechir (surtout que, quand on commence à réflechir… :-) ) Que serà, serà.

A part ça, ma vie ? Et bien justement, j’avais prévu de m’occuper de ça en mai lol… J’ai quand même repris début avril un atelier de photo, avec un prof super qui donne cours dans son propre atelier, on est 4 élèves, autant dire que le travail est personnalisé et qu’on passe du temps sur le travail de chacun. De mon côté, je trouve ma place plus facilement que l’an dernier, surtout que je suis la seule fille, et la seule de moins de 35 ans… je suis un peu la mascotte. Plus sérieusement, ils sont tous très sympas. J’ai un début de commencement de projet, mais j’y reviendrais quand il sera un peu moins flou.

Voilà donc les dernières nouvelles, je promets que les prochaines suivront avant 2 mois, et aussi bientôt de nouvelles photos, dès qu’Internet sera arrivé jusqu’à la maison…

Un an… et enfin légale !

•Jeudi 12 mars 2009 • Laisser un commentaire

« Et oui, de toutes façons il y a un an il faisait exactement le même temps de … à la même date ». Je me suis écoutée dire cela hier, et tout d’un coup, ça a fait tilt. Ca fait un an bien sonné que je suis là, un an passé que je me suis entrée dans la Pasco-family (mon ex-coloc), un peu plus d’un an que je bosse pour Oboulo, un an et des poussières que j’ai rencontré la grande équipe de l’an dernier, un an d’amour et un an de bonheur, entre hauts, bas, très hauts et heureusement, fort peu de très bas. Après les grosses chaleurs de février, revoilà les déluges de mars qui donnent l’impression que l’été est fini, mais cette année, je ne me fais pas avoir, je sais bien qu’il reviendra, ou en tous cas que l’automne sera beau.

Il y a eu quelques moments pas si évidents ces dernières semaines, avec beaucoup, beaucoup de boulot, j’ai parfois envie de jeter mon petit Mac par la fenêtre et de le regarder s’écraser contre le bitume tellement j’en ai marre de passer des journées entières dessus (en même temps, je l’aime aussi, on a juste une relation pas saine).
Je sais que vous avez tous un peu l’impression que je suis en vacances et que je me la coule douce parce que je suis au Sud et que Rio de la Plata ça sonne exotique, mais je peux vous assurer que ceux qui disent ça n’ont pas fréquenté l’administration argentine. J’ai donc passé un mois à me réveiller ponctuellement à 10h, à rentrer chez moi consciencieusement à l’heure pour ne pas rater le contrôle des inspecteurs de Migraciones… Qui n’a, bien évidemment, jamais eu lieu. Heureusement, j’en avais tellement marre que j’avais décidé d’aller voir tous les 3 jours si mon visa était prêt « juste au cas où ». Quelles ne furent pas ma joie et ma surprise quand à ma première visite j’ai entendu l’inespéré : « oui oui, il est prêt, tu peux aller le chercher tout de suite, 2e bureau au fond ».
Et oui, j’ai enfin mon visa temporaire, je suis tranquille jusqu’en février 2010, 100% légale, et j’ai même eu ma première fiche de paie. Reste plus qu’à me faire mon DNI (carte d’identité argentine), pour cela, c’est facile : 8h de queue pour faire la demande, et entre 6 mois et un an pour l’obtenir.

Et tant mieux, parce qu’entre temps la nouvelle coloc a tourné au cauchemar, entre gros bordel nocturne, percussions à 3h du mat’ et niveau de propreté qui avait de loin passé la limite de l’hygiène (les cafards organisent des teufs dans ma cuisine). Moralité : cuisine sale + pays chaud = mauvaise idée. Je passe sur les 4 jours de coupure d’eau où il était directement impossible d’entrer dans la maison. Mais bon, ma vie de mère d’adolescents insupportables se termine là (et pour au moins une vingtaine d’années), puisque j’ai déjà annoncé mon départ pour la fin du mois. Attention, je n’ai pas dit que j’avais trouvé où me loger ! Mais il est fort probable que je joue les enfants prodigues en revenant à la « famille » de mon ancienne coloc, au moins provisoirement, et comme dirait mon ex-proprio : « je suis vraiment content que ça ce soit mal passé pour toi, comme ça tu reviens ». Merci Fernando.

No sé hacer otra cosa que caer en tus brazosPendant ce temps, la saison est riche en départs, dont certains pas très faciles… Le lendemain de la première de sa nouvelle chorégraphie, mon meilleur ami d’ici est parti s’installer… Et bien là-bas, justement, en Suisse pour quelques mois puis en Espagne, et parfois je me dis que c’est formidable d’avoir des amis tout autour du monde, mais que c’est bien aussi d’en avoir un peu plus près.

En attendant, la première de « No sé hacer otra cosa que caer en tus brazos » a été un succès, et mon objectif était dans le coin.

Heureusement, Maylis est venue passer presque 2 semaines à Buenos Aires et à la maison, et on a profité à FOND de ces journées et de ces nuits avec un programme chargé de ballades, de sorties, de tango et de carnaval qui lui a fait, je crois, autant de bien qu’a moi et qui m’a rappellé pourquoi, au fait, je m’acharnais pour vivre dans ce pays. On a fait front contre les aléas de la coloc, et ça m’a fait vraiment plaisir de la voir.

En bref, comme je me le répète depuis mon retour, il suffit de quelques semaines de patience et tout va s’arranger, tout s’arrange déjà. Et même comme ça, je ne regrette rien.

De retour… Buenos Aires, épisode 2

•Mercredi 11 février 2009 • Laisser un commentaire

Il est vrai que cela fait déjà presque 3 semaines que je suis rentrée à Buenos Aires, et j’ai reçu quelques plaintes pour l’absence d’actualisations de ce blog… A ma décharge, ces quelques jours ont été des plus intenses…
Les retrouvailles, d’abord, magiques, où en un instant à Ezeiza j’avais oublié la galère du voyage et la difficulté des adieux…
Le soir même de mon retour je buvais du Fernet sur la terrasse de mon ancienne coloc, température au sol 32° malgré les 3h du matin. Heureusement depuis les températures se sont adoucies, parce que les premiers jours à 40° en venant des négatives de Paris ça m’a fait tout drôle.

Et puis après un week-end de répit et de réacclimatation à coup de ballade sur la plaza Francia, d’asados (como no) et de concerts en plein air à la Costanera, il a fallu se remettre au boulot, et plutôt deux fois qu’une… Parce qu’en plus d’Oboulo, en plein boom, il fallait trouver un appart, participer aux derniers préparatifs de l’expo collective, et commencer les démarches pour le visa.

J’ai finalement déménagé il y a une semaine dans une coloc, toujours à Balvanera / Once, avec 2 Argentins et une Américaine, si c’était pour échapper à l’ambiance hippie et aux nuisances sonores j’ai raté mon coup, mais au moins ils (les garçons) habitent vraiment là et ne vont pas partir au bout de 6 mois. Ma chambre est… lumineuse, même si les meubles y manquent encore cruellement, notamment un bureau, investissement urgent pour quelqu’un qui bosse 8h par jour sur son ordi portable. Le quartier est super central, et proche de ma coloc de l’an dernier.

Le groupe Fotodoc 2008 L’expo a été inaugurée jeudi dernier, au centre culturel Borges… Ici l’article sorti dans la revue dominicale de la Nacion et le blog de notre groupe que voici en photo (volée à Daniel Merle, notre cher coordinateur), le jour du vernissage.

Ledit vernissage a été un succès, rempli de monde du début à la fin, et la fête qui a suivi avec tous les photographes et leurs amis un délire total. L’expo continue jusqu’au 1er mars ! Même si je garde mes réserves sur le thème de l’expo et son unité, je suis quand même contente du résultat, qui a l’air pro, et de l’expérience qui a été enrichissante.

Jeudi dernier, c’était vraiment ma journée, puisqu’en plus de l’expo, et optionnellement de l’anniversaire de mon arrivée ici, ce fut aussi le grand jour de ma demande de visa… Après une course aux papiers, traductions et autres légalisations qui avait commencé lors de mon séjour en France, j’ai avec émotion présenté mon dossier à Migraciones. Et j’ai eu beaucoup de chance, puisqu’au lieu des 5h d’attente qu’on m’avait annoncées, j’ai attendu 0 minute, et malgré quelques remous administratifs, en 2h30 c’était plié.

Enfin plié… Disons que j’ai mon visa « précaire » (ça sonne bien, non ?), avec lequel, dixit l’employé de Migraciones « avec ce papier, vous n’êtes plus une touriste, mais vous avez la résidence légale en Argentine. Bienvienue mademoiselle »… Je travaille et vis donc légalement, un moment d’émotion. Le seul « petit » hic, c’est que j’ai déclaré comme lieu de travail ma nouvelle maison, et qu’il est probable qu’ils viennent contrôler que je travaille bien là. Moralité, je suis bloquée chez moi de 10h à 15h tous les jours de semaine… Adieu plans de voyage fin février, adieu horaires libres et grasses mat’. Et ce, pour « entre 30 et 45 jours ». Mais bon, c’est vraiment génial d’avoir un visa et je sais que c’est une chance qu’ont peu d’étrangers ici. Je ne me plains pas (enfin, un petit peu mais pas beaucoup, c’est promis).

Avec tout ça, je me sens lessivée, ce sont beaucoup d’émotions fortes, à la fois contente d’être revenue et consciente que c’est probablement maintenant que ça commence pour de bon, ma vie ici, et que ce ne sera pas facile tous les jours d’être « immigrante » que ce soit pour un an ou pour dix. Consciente que tout serait plus facile en France, que pourtant j’ai choisi d’être ici, que sans doute j’ai besoin de défis et de contre-courant, mais que certains jours, ça pèse lourd.

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui… Pour finir, un avant-goût des toutes premières photos de répétitions de la nouvelle oeuvre d’Exequiel, mon chorégraphe préféré avec qui j’ai passé Noël à Paris : « No sé hacer otra cosa que caer en tus brazos » (je ne sais faire rien d’autre que tomber dans tes bras). Voici le lien pour l’album complet. Première prévue le 5 mars.

No sé hacer otra cosa...

No sé hacer otra cosa...

Une page se tourne… A suivre !

•Samedi 13 décembre 2008 • Un commentaire

Ma chambre sens dessus dessous, des bagages d’un côté, des cartons de l’autre, les murs dont ont déjà disparu les dizaines de photos qui marquaient mon territoire, tous les signes concordent, je suis prête à partir pour Paris, dans 48h je serai dans l’avion. Inévitable nostalgie. Bien sûr, je vais revenir, ma vie est ici maintenant et aussi, j’ai vraiment envie de revoir la famille et le petit monde à Paris, reste cet attachement viscéral à esta ciudad de la furia, et à quelques-uns de ces habitants ;-) Ce sera étrange de vivre Paris en touriste… Et le changement de saison risque d’être un peu dépaysant, vu qu’il y avait 40° ici la semaine dernière, et -2° en France.

A l’heure qu’il est, je ne sais pas très bien où je vivrais l’année prochaine, ni très bien à quoi ressemblera ma vie. Une année se termine, une page se tourne. Hier, il y a eu une fête énorme à la coloc pour le départ de plusieurs personnes. Ceux qui ont été là toute l’année sont sur le départ, les adieux sont loin d’être faciles. Avec qui partager ces milliers de souvenirs ? L’église nous a regardé danser et délirer jusqu’au bout de la nuit (et même bien au-delà, je me suis personnellement couchée à 8h et je n’étais pas la dernière), avec la pleine lune qui inondait la terrasse et rendait plus étrange encore cette nuit d’été magnifique, cette église dont la coupole a veillé sur mon année depuis le 12 février, date de mon entrée dans cette maison de fous. Une chose est sûre, elle va me manquer, cette coupole. Une chose est sûre, elle va me manquer cette maison, même s’il est temps de partir et que de toute façon il ne restera plus grand monde de ceux que je connais à mon retour. Déjà beaucoup sont dispersés aux 4 coins du monde. Adios, y buena vida.

Une chose est sûre, j’ai vraiment passé une année formidable, à laquelle ça me fait tout drôle de dire adieu, un peu inattendue (mais qu’attendais-je ?), un peu en vrac mais définitivement libre, au jour le jour, qui dans ce pays prétend projeter vraiment l’avenir de toutes façons ?

Lundi je décollerai d’Ezeiza, cette fois avec la sérénité de celle qui sait qu’elle reviendra.

Retour à la case été

•Mardi 18 novembre 2008 • Un commentaire

De retour dans la Buenos Aires que je connais le mieux, la chaleur, jusqu’à étouffer, l’asphalte qui semble sur le point de fondre, les arbres avec ces si belles fleurs violettes dont je n’arriverai sans doute jamais à me souvenir du nom. Les étudiants sont déjà en vacances (ce qui a pour conséquence de rendre ma coloc parfois un peu insupportable, faire des soirées le dimanche, c’est vraiment nécessaire ??), et je vois quand à moi le compte des jours baisser avant mon retour à Paris, le 17 décembre, pour 5 semaines de visite.

En attendant, je clos doucement les projets en cours, malgré la réussite toute relative de la fête que nous avions organisée pour collecter des fonds, l’expo photo de mon cours de photo documentaire est prévue pour le 5 février au centre culturel Borges, la dernière représentation de Boxes est prévue pour vendredi, même si on espère qu’il y en aura d’autres l’année prochaine. Je commence déjà à réflechir à l’année prochaine…

La grande nouvelle, c’est que je vais avoir un visa de travail pour l’année prochaine ! Le site français pour lequel je travaille a décidé de m’embaucher, et avec cette promesse d’embauche je vais pouvoir me faire pote avec les Migraciones (services d’immigration), et, si j’arrive à réunir les 125 papiers qui prouvent, en vrac, mon absence de casier judiciaire dans tous les pays du monde, mes dates et lieux de naissance traduits en espagnol et validés par le consulat argentin, je vais vivre et travailler légalement en Argentine pendant 1 an ! Et j’aurai donc l’esprit tranquille pour commencer de nouvelles aventures.

Peninsula ValdesAvec l’été vient aussi le temps des week-ends… La première escapade a été au début du mois, en Patagonie, pour aller voir les baleines de laL'équipe au complet Péninsule Valdès. Toute une aventure : 5 filles, dans une voiture, 3 500 km, 5 jours de route et quelques épisodes amusants : le réservoir d’essence vide au milieu de la Patagonie, avec une station-essence tous les 200 km, pas mal de sourires plus ou moins dissimulés en nous voyant arriver aux contrôles de police ou aux dites-stations essence,  des km de routes de terre en faisant des détours pas forcément volontaires… Mais finalement, on a eu bcp de chance car on n’a même pas eu besoin de faire du stop auprès des camionneurs ! Et une fois arrivées à Puerto Piramides, on a vu plein de baleines ! Impressionnant spectacle…

Sans parler des immensités désertes de Patagonie, avec ses distances délirantes et ses estancias qui ne semblent parfois habitées que par du bétail. Difficile parfois d’imaginer qu’il s’agit du même pays que la bruyante et surpeuplée Buenos Aires. Que je retrouve à chaque fois avec la satisfaction de retrouver la maison… Même si cette maison est un peu un chaos !Et la baleine !

… o la carrera de tu vida

•Mardi 21 octobre 2008 • 3 commentaires

On arrête de courir une minute, on se pose, on réflechit. Où est passé le mois écoulé depuis ce dernier post ? Quand j’y pense, je vois défiler beaucoup d’images, beaucoup d’agitation, des moments intenses, quelques émotions fortes.

Alors ce qui m’a fait courir ce dernier mois, ça a été Boxes… Boxes, la pièce de théâtre-danse d’un ami dont je suis photographe officielle depuis déjà un moment. Tout d’un coup, fin septembre, Exequiel, le metteur en scène, m’annonçait que j’avais 2 expos programmées pour… La semaine dernière. De la suite, je me souviens d’heures passées à éditer des photos, à retoucher, de dernières séances de prise de vue à 23h le mardi soir, de sélection de photos de presse, de speed. Ca tombe bien, c’est une pièce sur la Formule 1, et ça a bien été « la course de ta vie » comme son titre l’indique. Je me suis aussi lancée dans un site Internet qui est né dans la douleur, après des heures de lutte avec le code Html. Voilà le lien vers la sélection de photos des expos : ici.

La première expo faisait partie de la fête de promotion (la fameuse fête clandestine qui avait été repoussée en septembre) samedi dernier, entre un championnat de voiture électrique et une bande-annonce live… La maison s’était déplacée en masse, ce qui m’a beaucoup touchée. Et vendredi 17, c’était le grand jour, celui de la première ! Malgré quelques aventures liées à ma (re)-découverte de à quel point cette ville était humide et à quel point l’humidité, ça s’entendait pas bien avec le papier photo et le carton, tout s’est bien passé, les danseurs se sont adorés sur les photos, et côté spectacle, la salle était pleine, avec aussi des journalistes, et on attend la presse pour cette semaine. La grande nouvelle c’était qu’une de mes photos a été publiée dans l’annonce de la pièce dans La Nacion, un des 2 grands quotidiens du pays. Et ça ne fait que commencer ! A part ça, je me suis aussi bien marrée avec mes 5 garçons, 4 danseurs et le metteur en scène, ainsi qu’avec toute l’équipe de production… Composée de femmes ! L’équipe a fini la soirée de la première vendredi à la maison, à manger un asado sur la terrasse, car comme chacun sait, en Argentine, tout commence ou finit par un asado ;-)

A part ça, car il y a eu un peu autre chose aussi dans ma vie, un week-end à San Luis pour voir un concert de rock de l’Indio Solari, un chanteur argentin totalement mythique qui ne joue qu’au fin fond de la Province car ses apparitions à Buenos Aires déclenchent directement des émeutes, un débarquement de 200 000 fans au milieu de la cambrousse, il y avait du folklore.

Le week-end suivant, pour changer complètement d’ambiance, je me suis mise à la menuiserie avec 1 500 autres volontaires pour construire des maisons en bois dans la villa, version argentine du bidonville. Une expérience très émouvante, à partager le quotidien d’une famille pendant quelques jours, et de se rendre compte ce que représente vivre sur une ancienne décharge, sans eau courante, avec à peine l’électricité, à 2 pas d’un canal disparu sous les ordures. On se dit que c’est bien dérisoire, et qu’une maison ne leur changera pas la vie. Mais de voir l’expression de la mère (de 3 enfants, de 22 ans) de ma famille quand elle a donné le dernier coup de marteau a sa maison ne pouvait pas laisser indifférent. C’est déjà ça ?

Pendant ce temps, la maison continue à vivre sa vie au rythme des bêtises de la chienne, qui ne semble grandir chaque jour que pour pouvoir faire plus de conneries. On m’y accuse de désertion. Je réponds que je me suis un peu coupée du monde en général. Après avoir dormi à peu près tout le week-end dernier (en tous cas n’avoir rien fait d’autre un tant soit peu constructif), je reviens à la vie et me rends compte que pendant ce temps, et malgré les averses incessantes – septembre est vraiment un mois pourri à Bs As – l’été était arrivé. Le soleil, la chaleur sans excès, les plus belles nuits de l’année, au son des grillons. Les tongs et les petits déj au soleil. Les jupes courtes et les piroppos. La joie, simple, qui semble inonder cette ville si belle au printemps.

Il est tard et il me semble que ce serait gâcher la douceur de ce soir que de quitter cette terrasse et d’aller dormir. Comme chaque année au printemps, l’énergie déborde, d’une euphorie indéfinissable, d’une envie d’embrasser le monde entier, de vivre tout à plein, à exploser, et peu importe si un jour viennent l’hiver ou les jours tristes… « J’aurais aimé »

Le grand écart

•Mercredi 17 septembre 2008 • Un commentaire

Septembre… Le mois des anniversaires et des remises en question ! Cette année encore, pas facile de dire adieu à mes 23 ans, pleins d’aventures diverses et de grandes décisions. L’année a commencé en beauté par un énorme dîner concocté par ma famille d’adoption, la Pasco tribu au complet, où la caïpirinha et le daïquiri fraise ont coulé à flot. Nous sommes ensuite sortis en bande jusqu’à… 7h30 du matin (mon premier lever de soleil de la saison, enfin presque puisqu’à vrai dire quand on est sortis de boîte il faisait déjà bien jour) pour enchaîner le dimanche, jour officiel de l’anniversaire, sur un énorme asado, il paraît que la graisse animale est le meilleur remède à la gueule de bois. C’est les Argentins qui le disent :-) Et j’ai même eu droit à des magnifiques macarons cuisinés en mon honneur par une de mes colocs, qui y a passé des heures pour me soigner de la nostalgie parisienne.

Impossible de me plaindre donc, tant tous ont été adorables avec moi… Et pourtant, l’occasion est bonne pour des pensées douces-amères. Le temps passant, déjà plus de 7 mois, et surtout presque 2 ans que j’ai mis le pied en terre argentine pour la 1ere fois (si j’avais su!) je ne peux m’empêcher à penser au destin, au hasard plutôt qui a voulu que je vive pour toujours (?) avec un pied ici, et un pied là-bas, avec un bout du coeur de ce côté, avec ceux d’ici, et un autre avec vous en France. Et c’est sans parler des amis semés sur le chemin, rencontrés en voyage ou expatriés de tous poils. Où est ma vie ? Où sera mon avenir ? Je me sens déjà incapable de partir, et pourtant beaucoup me manquent. Qu’on le veuille ou non, on s’éloigne, il y a ceux qui ne sont pas doués pour répondre aux mails, et parfois je rentre dans cette catégorie, et ceux dont la vie change et que je ne suis plus, ceux que je n’arrive plus à comprendre, de loin, ceux qui s’éloignent ou se cachent, et il y a tout ce que je ne pourrais jamais partager, ou faire comprendre, des choses essentielles, beaucoup de quotidien aussi. Qui est celle qui va rentrer ? Et vous tous, qui serez-vous ?

Et vous ne savez même pas ce que je vois de ma fenêtre !

Alors voilà, ça au moins, je peux vous montrer… Santa Rosa de Lima, la coupole qui veille sur nos âmes perdues…

Un moment un peu comme ce coucher de soleil, en bleu et rose.